À la découverte de Tharlie Noël : une plume qui bouscule les tabous
À la découverte de Tharlie Noël : une plume qui bouscule les tabous
Par Castine Volmar
J’ai découvert Tharlie Noël grâce à une amie qui, aujourd’hui, est devenue bien plus qu’une simple connaissance : une sœur. C’est elle qui m’a ouvert les portes de cet univers, celui d’un souffle nouveau porté par la jeunesse haïtienne.
Dès les premières lignes, j’ai compris que la plume de l’auteure n’avait rien d’ordinaire. Elle ne se contente pas de raconter, elle peint, elle dépeint, elle expose une société encore profondément marquée par des tabous.
J’ai voulu partager ici trois aspects essentiels de son roman à épisodes, un genre littéraire que j’apprécie particulièrement. Ce format, à mi-chemin entre le roman classique et la série, a cette capacité unique de nous immerger totalement dans l’histoire. On ne lit plus seulement : on vit, on ressent, on devient presque le personnage principal.
Le roman Madame Sansarick – Tome 1, publié aux éditions Monthanee, en est une parfaite illustration. Cette jeune maison d’édition mérite d’ailleurs d’être saluée pour son engagement à accompagner les jeunes plumes, en Haïti comme ailleurs.
Avant cela, j’avais déjà découvert La saga RAP, composée de trois récits tout aussi captivants : Douce vengeance, Charmant dictateur et Seulement toi. Mais Madame Sansarick a su retenir mon attention d’une manière particulière, par sa profondeur et la finesse avec laquelle il aborde la réalité des ménages haïtiens.
L’histoire met en lumière une femme pleine de rêves. Une épouse, une mère, une femme forte, mais émotionnellement peu comblée par son mari. Et c’est là que réside toute la subtilité du récit.
À un moment ou à un autre, chacun peut se reconnaître en elle. Elle incarne cette femme idéale, déterminée, fière de ce qu’elle a accompli, mais consciente qu’il lui reste encore tant à construire.
Cependant, elle évolue dans une société où le poids du regard masculin est encore bien présent. Une société où s’affirmer en tant que femme peut déranger. Elle doit faire face à des hommes qui la sous-estiment, qui tentent de freiner son élan, non seulement parce qu’elle est une femme, mais surtout parce qu’elle ose être elle-même.
Son côté sensuel, sa féminité, tout ce qui fait sa richesse intérieure, ne sont pas pleinement reconnus par son mari. Malgré ses efforts, il semble considérer que, parce qu’elle est son épouse, elle lui appartient déjà.
Cette vision, malheureusement, dépasse le cadre haïtien. Beaucoup d’hommes pensent encore que le mariage est une finalité, un acquis. Ils croient que subvenir aux besoins du foyer leur confère une forme de pouvoir absolu, celui d’un « roi de la jungle ».
Mais la réalité est bien plus complexe.
À travers le personnage d’Anne Jordache, l’auteure nous rappelle que la vie de couple ne peut se résumer à des rôles figés. Être femme au foyer n’est pas une faiblesse, ni une contrainte, à condition que ce soit un choix libre et assumé.
Puis, survient l’imprévu.
Celle qui voulait rester fidèle, malgré les manquements, se retrouve troublée par la présence — même lointaine — d’un autre homme. Un homme qui, sans forcément être là physiquement, ravive en elle ce qu’elle pensait avoir perdu : le sentiment d’exister en tant que femme.
C’est une renaissance.
Peu à peu, elle redécouvre ses émotions, ses désirs, cette part d’elle-même qu’elle avait mise de côté. Et cela nous rappelle une vérité souvent ignorée : une alliance ne garantit pas l’amour, si le cœur n’y est pas pleinement engagé.
Mais au-delà de la femme, il y a aussi la mère.
Une mère dévouée, attentive, qui fait de son mieux pour offrir à son enfant ce qu’elle-même n’a peut-être pas toujours reçu : de l’amour, de la stabilité, de la sécurité. En cela, elle ressemble à tant d’autres femmes, silencieuses mais puissantes.
Ce texte est avant tout une lecture personnelle, une immersion dans le Tome 1 de Madame Sansarick. Une œuvre que je vous invite sincèrement à découvrir.
Je suis convaincue que les écrits de Tharlie Noël mériteraient d’être traduits en anglais et en espagnol. Car au-delà de l’histoire, ils portent en eux une réalité, une culture, une vérité qui mérite d’être partagée avec le monde.
Et peut-être, à travers ces mots, comprendrons-nous un peu mieux ce que signifie être femme, aimer, résister… et exister pleinement.
Castine Volmar
Membre de Monthanee
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